Les corps francs de Gironde dans la guerre franco-prussienne (1870-1871). I – Généralités

Janvier/Février 2021Outre l’armée d’active et la Garde nationale (mobile, mobilisée et sédentaire) une troisième composante participe à la défense nationale : les corps francs ou francs-tireurs. Le second terme pouvant désigner des unités spécifiques, le premier est préférable comme dénomination générique.   Les corps francs Ce sont des unités irrégulières, car constituées hors des autorités militaires. D’initiative privée, elles rassemblent des volontaires qui, théoriquement, doivent s’habiller et s’équiper, voire parfois s’armer (francs-tireurs Flower), à leur frais. Mais l’organisation ex-nihilo d’une unité de combat coûte cher et tous les volontaires ne sont pas issus des classes aisées, aussi subventions des autorités civiles et souscriptions publiques viennent à leur aide. Généralement elles élisent – à l’instar de la Garde nationale sédentaire – leurs chefs, déterminent leur uniforme. Ces troupes d’importances variables : quarante hommes pour les Francs-tireurs d’Abzac-de Verdier, cent quatre-vingt-quinze à deux cent pour la 1ère compagnie des Tirailleurs girondins, forment des ... Lire plus

In memoriam Louis Touratier

Novembre/Décembre 2020Louis Touratier – Monsieur Touratier – n’est plus. Louis Touratier Alors que la SEHA (Société d’écologie humaine et d’anthropologie) s’apprêtait à célébrer le 7 juillet 2020 le centième anniversaire de Louis Touratier, ce dernier nous a quittés le 9 juin, tout doucement, tranquillement, discrètement, comme nous l’avions toujours côtoyé, alors qu’il était un grand savant connu, reconnu et apprécié dans le monde entier. Il était sorti diplômé de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort en 1946. Parfois, rarement, il lui arrivait d’évoquer les années de guerre qu’il y avait passées. À sa sortie de l’école, il intègre l’industrie pharmaceutique où il demeure les quatorze années suivantes et se spécialise en « recherche et développement », comme on dit aujourd’hui, sur les médicaments antiparasitaires. Il est vrai qu’il consacra sa vie à la lutte contre les parasites du bétail en milieu tropical, et plus précisément contre les trypanosomiases bovines dont il était devenu l’un ... Lire plus

Les Tirailleurs volontaires de la Gironde depuis Tirailleurs girondins (1er septembre 1870/mai 1871)*

(*) Cet article publié en rapport avec le voyage d’étude annoncé dans l’encadré, est la dernière partie d’un texte plus long sur les corps-francs girondins dans la guerre franco-prussienne, qui paraîtra dans une prochaine livraison. Septembre/Octobre 2020Les Tirailleurs volontaires de la Gironde, devenus par décision gouvernementale du 29 novembre 1870 Tirailleurs girondins, sont un corps-franc hybride, puisqu’il est aussi un corps spécial de la Garde nationale sédentaire de Bordeaux. Ceci justifie que Gibert, adjoint chargé des affaires militaires, puisse décider, fin novembre, que des renforts destinés à la 1re compagnie soient envoyés à la 2e ; et que la 3e compagnie soit dissoute par le Conseil municipal. Prémices et recrutement Le 1er septembre deux lettres sont adressées au chef d’état-major de la garde nationale bordelaise, Ordinaire de Lacolonge. Le premier, d’Henri Balaresque, suggère, le temps que la garde nationale soit organisée, de constituer en tirailleurs, avec une tenue noire à distinctive ... Lire plus

Plassac : vie et mort d’une résidence aristocratique de l’Aquitaine gallo-romaine

Mai/Juin 2020Cette construction a connu quelques transformations (dont une nécessitée par un incendie partiel) au long d’une existence qui paraît s’être maintenue jusqu’au IVe siècle. À cette époque, probablement dans les années 330-340 (c’est alors, semble-t-il, qu’ont été posés les décors peints de plafonds qui font l’objet de la présentation d’A. Barbet), la villa a été de nouveau reconstruite, mais sur un pied beaucoup plus modeste. Toutefois, dans les années 380-420, l’aile orientale – celle sur laquelle est établie l’église actuelle – a fait l’objet d’un aménagement souligné par l’emploi d’un sable de carrière rouge et de types de moellons caractéristique. Dans ce dernier état qui semble bien étriqué, on a cependant gardé la fidélité aux modèles architecturaux italiens (mais c’est alors général, au moins en Aquitaine), en particulier, les absides à pans coupés, puis en fer à cheval, où prennent place des lits de table en sigma, quoique les ... Lire plus

À la villa gallo-romaine de Plassac (Gironde) ; aspects archéologiques

Mars/Avril 2020Nos lecteurs ont parcouru dans le dernier Mois Scientifique d’Aquitaine (n° 405-406) le compte rendu de la sortie inter-sociétés organisée dans le secteur de Plassac le samedi 4 mai 2019. Au sein d’un programme varié, un des points importants était la visite du site archéologique de Plassac et de sa belle villa gallo-romaine. Voici la première des deux contributions sur ce domaine aristocratique, donnant un point de vue moderne sur son histoire, présentées par deux brillants archéologues qui furent nos guides lors de cette visite. I - Les peintures romaines de Plassac : de Pompéi à Trèves par Alix BARBET, directrice de recherche honoraire du CNRS [alix.barbet@gmail.com] (1) avec la collaboration d’Hélène Silhouette, assistante d’études à l’Inrap C’est à l’occasion d’une mise en valeur de la villa de Plassac, pour laquelle il m’avait été demandé de revoir la présentation des peintures murales dans le musée, que nous avons retrouvé des fragments ... Lire plus

Une journée « Découvertes pluridisciplinaires » (région de Plassac) avec l’Union scientifique d’Aquitaine et ses Sociétés savantes

Janvier/Février 2020Un coup d’essai qui fut un coup de maître : l’Union scientifique d’Aquitaine décide un projet de sortie qui réunit les huit associations résidant dans l’Hôtel des Sociétés savantes (voir site http://www.usaquitaine.fr). La mise en œuvre est assurée par Kairinos et la Société linnéenne de Bordeaux, soit la cadette et la doyenne de nos associations... Le programme de ce samedi 4 mai 2019 est très complet : voyage en bus, visite du site archéologique de Plassac, promenade naturaliste le long de la corniche de la Gironde et sur le coteau de Mugron à Roque-de-Thau ; entre-temps, repas à la citadelle de Blaye. Outre les médiateurs du patrimoine, deux précieux guides, Alix Barbet et Jean-Pierre Bost, nous attendent à Plassac. Tous nous font revivre les riches heures de gloire de la villa gallo-romaine et de ses aristocratiques propriétaires, le dur abandon et la difficile mise à jour du site. Les visiteurs rêvent devant ... Lire plus

L’abbaye de La Sauve-Majeure, investie par Archimuse et la Société Archéologique

Novembre/Décembre 2019Archimuse Bordeaux est l’association des étudiants du master Patrimoine et Musées de l’Université Bordeaux Montaigne, qu’une vingtaine d’étudiants intègre chaque année. Ce master professionnalisant leur permet d’acquérir des connaissances sur l’histoire des musées et du patrimoine, et d’en rencontrer les acteurs. À l’issue de la première année, deux spécialités sont proposées : la régie des œuvres et la médiation de l’architecture et du patrimoine. La spécificité du cursus relève également de la réalisation d’un projet annuel de promotion porté par l’association, créée en même temps que la formation, en 2011. Depuis, un éventail important de thématiques a été abordé, telles que l’ethnographie avec le projet Alter-ethno (2017-2018) ou encore l’Art déco avec Vivre l’Art déco Bordeaux-Casablanca (2018-2019), à l’occasion des cinquante ans du jumelage de ces deux villes. Ces différents projets ont été l’occasion de mettre en pratique les compétences et connaissances acquises au cours du master Patrimoine et Musées. ... Lire plus

La villa gallo-romaine du Palat à Saint-Émilion

Septembre/Octobre 2019Certains aiment la dire d’Ausone. C’est le cas depuis le XVIe siècle où le château qui surplombait le site prit le nom du poète. Serait-ce donc le fameux Lucaniacum près de Condate ? D’autres le nient vigoureusement. La vérité est certainement dans un doute raisonnable. Pour autant, dans la vallée du ruisseau de Fongaban, au pied de la falaise de Saint-Émilion, se trouvait aux IVe et Ve siècles de notre ère, la riche demeure d’un notable. La tradition ne s’y trompe pas : depuis le XIIIe siècle, on évoque le Palat. Ce nom, original pour un moulin, est celui du lieu-dit et le palais qu’il désigne est cette villa. Figure 1 : La villa du Palat, restitution par Jean-Claude Golvin. Bien que Jouannet évoque dès 1820 différents éléments gallo-romains à Saint-Émilion, le site archéologique du Palat n’est guère connu que depuis 1936 et la synthèse proposée par Ch. Ouy-Vernazobres. Mais en ... Lire plus

Combattants de Gironde en 1870-1871*

mai/juin 2019La guerre fut donc déclarée à la Prusse, et conséquemment à toute l’Allemagne, le 19 juillet 1870. Mobilisation et concentration de l’armée française se firent simultanément, dans le désordre.   L’armée impériale Dès le 22 juillet, le 6e dragons caserné à Bordeaux (3e escadron de dépôt) et Libourne (3 escadrons de guerre) part de Bordeaux à 4 heures pour Lyon ; le 23, ce sont les trois premiers bataillons du 31e de ligne qui partent pour le camp de Châlons-sur-Marne, le 4e reste à Bordeaux, servant de dépôt. Dragons et lignards sont d’abord à l’armée du Rhin (Mac-Mahon), les cavaliers à la 2e brigade de la division de cavalerie du 7e corps d’armée (Douay), les fantassins à la 2e brigade de la 2e division d’infanterie du 6e corps d’armée (Canrobert). Le 14 août le 6e corps participe à la bataille de Borny-Colombey (sud-est de Metz). Le 17 août, est constituée ... Lire plus

Les animaux dans la guerre

Mars/Avril 2019De tout temps les animaux ont accompagné les hommes à la guerre. Celle de 1914-1918 en est peut-être la plus terrible illustration. Les auxiliaires militaires Pas moins de 700 000 chevaux furent réquisitionnés par l’armée française d’août à décembre 1914, soit 20 % du parc français, aussi bien chevaux de trait que chevaux de selle. Il fallait aussi pouvoir assurer la remonte. Au total, toutes armées confondues, sur 14 millions d’animaux mobilisés, il y eut plus de 10 millions d’équidés dont 300 000 ânes et mulets, moins souvent en première ligne. Presque 5 millions de chevaux moururent, en moyenne 300 par jour, pas seulement par fait de guerre mais aussi d’épuisement : il fallait six chevaux pour tracter une pièce de 75 (1,5 t) et dix pour un canon de 155. A partir de 1916, malgré l’augmentation des véhicules à moteur, 30 % des chevaux venaient des États-Unis ou d’Argentine. ... Lire plus