L’abbaye de La Sauve-Majeure, investie par Archimuse et la Société Archéologique

Novembre/Décembre 2019Archimuse Bordeaux est l’association des étudiants du master Patrimoine et Musées de l’Université Bordeaux Montaigne, qu’une vingtaine d’étudiants intègre chaque année. Ce master professionnalisant leur permet d’acquérir des connaissances sur l’histoire des musées et du patrimoine, et d’en rencontrer les acteurs. À l’issue de la première année, deux spécialités sont proposées : la régie des œuvres et la médiation de l’architecture et du patrimoine. La spécificité du cursus relève également de la réalisation d’un projet annuel de promotion porté par l’association, créée en même temps que la formation, en 2011. Depuis, un éventail important de thématiques a été abordé, telles que l’ethnographie avec le projet Alter-ethno (2017-2018) ou encore l’Art déco avec Vivre l’Art déco Bordeaux-Casablanca (2018-2019), à l’occasion des cinquante ans du jumelage de ces deux villes. Ces différents projets ont été l’occasion de mettre en pratique les compétences et connaissances acquises au cours du master Patrimoine et Musées. ... Lire plus

La villa gallo-romaine du Palat à Saint-Émilion

Septembre/Octobre 2019Certains aiment la dire d’Ausone. C’est le cas depuis le XVIe siècle où le château qui surplombait le site prit le nom du poète. Serait-ce donc le fameux Lucaniacum près de Condate ? D’autres le nient vigoureusement. La vérité est certainement dans un doute raisonnable. Pour autant, dans la vallée du ruisseau de Fongaban, au pied de la falaise de Saint-Émilion, se trouvait aux IVe et Ve siècles de notre ère, la riche demeure d’un notable. La tradition ne s’y trompe pas : depuis le XIIIe siècle, on évoque le Palat. Ce nom, original pour un moulin, est celui du lieu-dit et le palais qu’il désigne est cette villa. Figure 1 : La villa du Palat, restitution par Jean-Claude Golvin. Bien que Jouannet évoque dès 1820 différents éléments gallo-romains à Saint-Émilion, le site archéologique du Palat n’est guère connu que depuis 1936 et la synthèse proposée par Ch. Ouy-Vernazobres. Mais en ... Lire plus

Combattants de Gironde en 1870-1871*

mai/juin 2019La guerre fut donc déclarée à la Prusse, et conséquemment à toute l’Allemagne, le 19 juillet 1870. Mobilisation et concentration de l’armée française se firent simultanément, dans le désordre.   L’armée impériale Dès le 22 juillet, le 6e dragons caserné à Bordeaux (3e escadron de dépôt) et Libourne (3 escadrons de guerre) part de Bordeaux à 4 heures pour Lyon ; le 23, ce sont les trois premiers bataillons du 31e de ligne qui partent pour le camp de Châlons-sur-Marne, le 4e reste à Bordeaux, servant de dépôt. Dragons et lignards sont d’abord à l’armée du Rhin (Mac-Mahon), les cavaliers à la 2e brigade de la division de cavalerie du 7e corps d’armée (Douay), les fantassins à la 2e brigade de la 2e division d’infanterie du 6e corps d’armée (Canrobert). Le 14 août le 6e corps participe à la bataille de Borny-Colombey (sud-est de Metz). Le 17 août, est constituée ... Lire plus

Les animaux dans la guerre

Mars/Avril 2019De tout temps les animaux ont accompagné les hommes à la guerre. Celle de 1914-1918 en est peut-être la plus terrible illustration. Les auxiliaires militaires Pas moins de 700 000 chevaux furent réquisitionnés par l’armée française d’août à décembre 1914, soit 20 % du parc français, aussi bien chevaux de trait que chevaux de selle. Il fallait aussi pouvoir assurer la remonte. Au total, toutes armées confondues, sur 14 millions d’animaux mobilisés, il y eut plus de 10 millions d’équidés dont 300 000 ânes et mulets, moins souvent en première ligne. Presque 5 millions de chevaux moururent, en moyenne 300 par jour, pas seulement par fait de guerre mais aussi d’épuisement : il fallait six chevaux pour tracter une pièce de 75 (1,5 t) et dix pour un canon de 155. A partir de 1916, malgré l’augmentation des véhicules à moteur, 30 % des chevaux venaient des États-Unis ou d’Argentine. ... Lire plus

1870-1871*

Janvier/Février 2019Si Louis XV se battit pour le roi de Prusse, Napoléon III fit la guerre à la Prusse à cause de la couronne d’Espagne. Il y laissa la sienne, Guillaume Ier échangea sa couronne royale contre une impériale, et la France eut une République. En septembre 1868, une révolution chassa du trône espagnol Isabelle II. Le général Prim, régent, chercha à qui la proposer. Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, cousin du roi de Prusse, posa sa candidature, le 2 juillet 1870. Dès le 12 juillet, n’obtenant pas le soutien des puissances et devant l’opposition française refusant toute éventualité d’axe Madrid-Berlin, il renonce. L’entourage de Napoléon III fit l’erreur d’insister auprès de Guillaume pour des garanties supplémentaires. L’ambassadeur français rencontra le roi de Prusse à la gare d’Ems (13 juillet). Pour celui-ci, l’affaire était close, et sa réponse parfaitement acceptable. Il en informa Bismarck, qui fit publier, le 14, la dite réponse, ... Lire plus

La Société linnéenne de Bordeaux fête son bicentenaire, petit retour historique

novembre/décembre 2018Par Bruno Cahuzac ; paru dans Le Mois Scientifique d’Aquitaine, novembre-décembre 2018, n° 393-394, p. 1-5. La Société Linnéenne de Bordeaux a une longue histoire, et célèbre son bicentenaire en 2018. Elle a été dénommée en l’honneur du « grand » Linné, inventeur dans les années 1750 de la nomenclature binominale (latine et universelle) des êtres vivants, et descripteur remarquable de la Nature. Cette Société a été fondée en juin 1818 à Arlac (Mérignac) par Jean-François Laterrade lors d’une Fête botanique avec herborisations, au cours de laquelle un vibrant hommage était rendu à Linné. Lors de l’émergence des Sociétés Linnéennes à l’aube du XIXe siècle, un culte était rendu au savant suédois, et des poèmes lus à sa gloire et à celle de divers naturalistes célèbres. Cet article évoque le contexte culturel de l’époque et les grands traits de la « Linnéenne » de Bordeaux. Celle-ci a toujours œuvré dans le domaine naturaliste, et ... Lire plus

La Victoire de Samothrace, au Louvre et à Samothrace

septembre/octobre 2018La Société archéologique de Bordeaux a organisé au musée d’Aquitaine le 15 mars dernier une conférence réunissant Mme Bonna D. Wescoat, professeur d’histoire de l’art et archéologie à l’université Emory (Atlanta, USA) et M. Ludovic Laugier, ingénieur au département des Antiquités grecques et romaines du musée du Louvre. Le thème de cette conférence était la Victoire de Samothrace, un des objets les plus connus du Louvre mais auquel ces deux conférenciers ont apporté l’éclairage de leur expérience respective : L. Laugier, pour avoir mené la campagne de restauration de la statue, B. D. Wescoat, directrice des fouilles de Samothrace, pour avoir exploré l’emplacement où fut découverte cette œuvre prestigieuse. La statue (sans le navire sur lequel elle se dresse) fut découverte (incomplète) en 1863 par Charles Champoiseau alors qu’il menait des fouilles dans le sanctuaire des « Grands Dieux », dans l’île de Samothrace au nord de la mer Égée. En poste ... Lire plus

Un aspect disparu de la vie quotidienne des années 1950 : Charbonniers et ramoneurs

mai/juin 2018De nos jours, pour pallier les rigueurs des températures hivernales, les Français appuient simplement sur la touche de mise en marche de leurs appareils de chauffage qui fonctionnent au fuel, au gaz ou à l’électricité ; dans les années 1950, la majorité des gens chauffaient encore leurs habitations avec des poêles à bois ou à charbon et préparaient toujours leurs repas à l’aide de cuisinière qui fonctionnait grâce à la combustion d’une de ces deux matières. Dans beaucoup de familles, on continuait à utiliser des cuisinières datant du début du xxe siècle. En fonte noire, d’un poids énorme et d’une solidité à toute épreuve, elles comportaient une plaque de foyer conçue pour faire chauffer deux casseroles, un four et une réserve d’eau chaude ; leurs ornements et leurs boutons de préhension étaient en laiton. Les charbonniers étaient donc, de ce temps, des personnages incontournables de la vie quotidienne, surtout l’automne et ... Lire plus

L’hydromel, la boisson des dieux ?

mars/avril 2018 Archéologue et directeur de recherche émérite au CNRS, Fanette Laubenheimer (2015) présente l’hydromel comme : « la plus simple des boissons alcoolisées, du miel et de l’eau, deux produits naturels qu’il suffit de laisser fermenter avec de la chaleur. Un essaim abandonné dans la forêt se serait rempli d’eau de pluie et le mélange aurait naturellement fermenté. Des chasseurs de la préhistoire passant par là auraient goûté ce breuvage et se seraient régalés. C’est ainsi qu’on raconte volontiers la découverte de l’hydromel. » L’apiculteur se demandera sans doute comment un essaim, qui est par nature sauvage, peut être abandonné dans une forêt et comment il se serait rempli d’eau ? Ce n’est pas sans rappeler l’aventure de ce berger des Causses qui avait oublié dans une grotte son casse-croûte composé de pain et de caillé de brebis et qui, à son retour, aurait découvert la recette du fromage de Roquefort. Le ... Lire plus

François Fresneau, seigneur de la Gataudière, père du caoutchouc

janvier/février 2018C'est le 19 février 1746, dans une lettre à M. de Maurepas, ministre de la Marine, que François Fresneau évoque pour la première fois "la découverte sur un lait d'arbre mixionné tel que les Portugais font des sereingues(2) et autres choses utiles et curieuses". Plus tard, dans un mémoire à l'Académie des Sciences, il parle de "la découverte qu'après quatorze ans de recherches... je fis à Cayenne de l'arbre Sereingue et de la résine élastique". Il lui fallut attendre l'âge de 43 ans pour faire cette incroyable découverte. François Fresneau de La Gataudière (1703-1770). De petite noblesse saintongeaise, il naquit le 29 septembre 1703, de François Fresneau de La Ruchauderie, écuyer, conseiller et secrétaire du Roi près la Cour des aides de Guyenne à Bordeaux et d'Anne Regnauld de La Gouremonnerie, qui apporta en dot la maison noble de La Gataudière(3) proche de Marennes, dont son mari devint naturellement ... Lire plus