Le patrimoine archéologique syrien conservé au Musée d’Agen

L’intérêt de cette collection réside aussi dans son ancienneté : en effet elle raconte la fin de la révolution néolithique, très précoce au Proche-Orient (9000 AC) et les débuts de l’histoire avec l’apparition de l’écriture, dans les premières cités-états (IVe millénaire AC). C’est là que se sont mis en place en un demi millénaire de 3500 à 3000 AC, tous les grands acquis des civilisations sédentaires (architecture, musique, religion, etc.) et s’organisent des axes commerciaux caravaniers importants transitant entre l’Anatolie et la civilisation de l’Indus, par la Mésopotamie, ses fleuves et ses cités : Uruk, Ur, Lagash, Suse, ou bien Mari… Aujourd’hui à l’heure où la guerre et ses destructions patrimoniales font rage en Syrie et en Irak, la donation de ces 1600 pièces orientales du musée d’Agen nous parait d’une actualité formidable et elle mérite d’être découverte… en urgence, avec l’accord bienveillant de son actuel conservateur, récemment nommé, monsieur … Lire plus

Une invitation du magasin « AUX DAMES DE FRANCE » illustrée par Foujita

janvier/février 2017Le magasin "Aux Dames de France" sis à Bordeaux aux numéros 11 à 19 de la rue Sainte-Catherine (aujourd'hui nommé "Galeries Lafayette"), inauguré le 21 septembre 1903(1) fut, pendant plusieurs décennies, le rendez-vous des élégances bordelaises. Son salon de thé, au charme discret, était essentiellement fréquenté par des personnes du sexe féminin, accompagnées de leurs enfants ou de leurs petits-enfants. Tous les rayons du magasin jouissaient d'un grand prestige du fait de la quantité et de la qualité des articles qui y étaient présentés au rez-de-chaussée et aux étages desservis par un lourd ascenseur aux grilles noires dont le liftier portait une veste aux revers ornés du sigle "D.F." brodé en lettres d'or. Le rayon "Mode" était particulièrement célèbre dans tout le département de la Gironde. Sa notoriété était telle que le magasin organisait régulièrement dans ses salons privés des présentations de modèles de haute-couture conçus par ses créateurs ... Lire plus

Trentenaire de l’Union Scientifique Aquitaine – Yvan GRELIER

Témoignage de Yvan GRELIER, premier rédacteur du Mois scientifique bordelais (juin 1979) Georges PASQUIER : En 1979 les ordinateurs familiaux étaient rares et ''Internet'', né au début des années 1990 en Europe, était inconnu ; comment était élaboré le Mois scientifique à cette époque ? Yvan GRELIER : C'était le démarrage. D'abord, j'allais à la pêche aux articles et il fallait souvent tirer la sonnette de relance pour les avoir. Ensuite, je faisais la mise en page à la machine à écrire du texte, souvent reçu sous forme manuscrite et, rarement des dessins au trait. Cela était donné à l'imprimeur qui nous proposait une maquette pour relecture ; Après délivrance du bon à tirer, il nous imprimait environ 1 000 exemplaires en OFFSET qualité de l'époque. GP : C'était donc un mensuel et l'envoi se faisait comment ? YG : Pendant mes heures libres, après le pliage en trois (1/3 de A4), ... Lire plus

La mesure du temps

novembre/décembre 2016Dans le passé lointain, la mesure du temps est essentiellement liée à la nécessité de prévoir le retour des saisons, en particulier avant l'apparition de la saison froide afin d'assurer des réserves alimentaires suffisantes pour l'hiver : le rythme du Soleil s'impose à l'homme. Mais l'année solaire va être en compétition avec une autre unité naturelle : la lunaison. Ce sont ces deux unités qui sont à la base de la constitution des calendriers. Les cadrans solaires On avait remarqué depuis longtemps que l'ombre d'un bâton planté en terre varie au cours de la journée en produisant l'ombre la plus courte à midi. Les cadrans solaires les plus élémentaires sont composés d'un bâton vertical (appelé encore gnomon du grec connaître) dont l'ombre est projetée sur une graduation horizontale. Le cadran le plus ancien qui nous soit parvenu date de 1500 avant J.-C.; ce cadran égyptien est constitué d'une tige ... Lire plus

Les systèmes religieux

septembre/octobre 2016"L'ignorance mène à la peur, la peur à la haine et la haine à la violence." - Averroès Il n'existe aucune société humaine, quels que soient le lieu ou l'époque, qui n'ait élaboré un système de croyances pour répondre à ses inquiétudes existentielles, expliquer l'inexplicable et faire en sorte que les pourquoi ne restent pas sans réponse(s). Depuis environ 100 000 ans - avant, peut-être, mais sans traces matérielles comment savoir ; l'absence ne veut pas dire inexistence -, donc depuis pratiquement 100 000 ans, l'homme a commencé à inhumer ses morts, à traiter le corps de ses défunts, à avoir un projet pour le devenir de ceux qui n'étaient plus. Neandertal d'abord, Sapiens ensuite ont creusé des fosses dans la terre, orné les corps, déposé des fleurs (on a retrouvé les pollens mais ils auraient peut-être été apportés par le vent...), de la nourriture, offert des bijoux, des armes. ... Lire plus

Le millefeuille administratif en Gironde

mai/juin 2016En France trois grandes collectivités territoriales peuvent être distinguées : les communes et les EPCI, les départements et enfin les Régions. Notre propos explique pourquoi l'état tente régulièrement de réduire le nombre des communes, cherche à simplifier l'empilement administratif et souhaite éviter les chevauchements de compétence. Le cas de la Gironde est intéressant parce qu'une Métropole, Bordeaux, rayonne sur une grande partie des communes et département. La Gironde d'une superficie de 10 725 km2 compte 542 communes. Á noter la superficie importante des communes du massif landais et la petite taille de celles de la partie orientale du département(1) . 1 - L'intercommunalité, solution à l'éparpillement communal Les 36 782 municipalités françaises représentent à elles seules 40 % des communes de l'Union européenne. Les partisans du maintien de l'autonomie des communes insistent sur une proximité réelle de l'action publique. Mais cette densité communale et cette fragmentation ont pour contrepartie ... Lire plus

« L’Ami des Lettres » et la « Galerie du Fleuve » : autour du Bordeaux culturel voici un demi-siècle (partie 2)

mars/avril 2016 Fig. 7 - Alice Héliodeore-Gallienne à l'Ami des Lettres (au second plan, Floréal Otéro). Une autre grande figure du tout-Bordeaux de l'époque était la romancière et poétesse bordelaise d'origine antillaise, créole, Alice Héliodore-Gallienne (fig. 7), membre de l'Académie Montesquieu, dont j'ai fait la connaissance juste quatre ans avant sa disparition, au moment de la publication de son recueil poétique le plus connu, Hommages (fig. 8), un recueil de poèmes dont chacun était dédié à l'un des habitués des galeries de peinture bordelaises, et qui lui avait temporairement apporté une certaine aisance ; une personne impressionnante par sa carrure et sa haute taille (elle devait mesurer entre 1,75 et 1,80 m). Selon ses propres termes, elle avait " grillé " trois fortunes au cours de sa vie, époques fastes ayant alterné avec des périodes de réelle misère. Peu après notre première rencontre (fig. 9), elle ne pût à nouveau ... Lire plus

« L’Ami des Lettres » et la « Galerie du Fleuve » : autour du Bordeaux culturel voici un demi-siècle (partie 1)

janvier/février 2016 Dans les années 1961-1968, le signataire de ces lignes était étudiant à l'université de Bordeaux, partageant ses enseignements entre la nouvelle faculté des sciences de Talence (prenant alors les jours correspondants un autocar surchargé à l'angle de la place Pey-Berland et du cours d'Alsace-Lorraine), et l'ancien immeuble universitaire du cours Pasteur, devenu depuis lors le musée d'Aquitaine, bâtiment alors partagé entre les deux facultés des lettres et des sciences. La séparation entre ces deux établissements était alors virtuellement assurée, dans le hall, par le gisant de Michel Eyquem, ancien maire de Bordeaux, seigneur de Montaigne, provenant de l'ancienne chapelle des Feuillants détruite dans les années 1900, et actuellement entreposé dans l'une des salles du Musée depuis la réaffectation de l'immeuble. Dans la mesure où le suivi de mes cours en laissait le temps, je suivais avec assiduité les manifestations culturelles organisées dans les différents domaines à Bordeaux. Pour ... Lire plus

Nommer et nombrer

novembre/décembre 2014Nommer et nombrer ont en commun bien plus que leur presque homophonie. À défaut d'être jumeaux ou même frères, ces deux verbes d'action structurent le monde, notre monde. Nommer vient du latin nominare, construit sur le substantif nomen, nominis : nom, et est apparenté au grec numein, construit sur le substantif numos, de même sens que le latin. Y étant aussi upsilon (u) numos sert de radical à tous nos composés savants en - nyme : toponyme, anthroponyme, gamonyme - nom marital ou de mariage - etc. La monnaie, anagramme auditif de nommer est proche du nom. Monnaie vient du latin moneta, l'un des attributs de Junon, puisque, selon la tradition romaine, c'est au temple de Juno Moneta, que les Romains frappèrent leurs premières monnaies. Moneta a pour radical le verbe moneo, monere : avertir. En grec, monnaie se dit nomisma (d'où, avec une alternance vocalique de o à ... Lire plus